J’ai participé il y a quelques années à des fouilles archéologiques à Avenches, capitale helvétique au temps des romains. Là, sous la route cantonale, les archéologues prenaient plus de temps à documenter les strates de terre, donc l’histoire du recouvrement des objets archéologiques ou de leur déplacement, qu’à observer ces derniers, qui allaient au laboratoire pour être nettoyés de leur enveloppe de terre devenue indésirable parce que déjà documentée. Une fois la fouille finie, on remblaie la tranchée pour que le lieu retrouve son utilité actuelle: un endroit de passage, une route. On y passera en voiture, oubliant souvent que l’on roule sur un remblai dont le contenu, savemment trié, a contribué à créer un musée.